Test d’un PC durci panasonic Toughbook CF18

Panasonic produit différents types d’odinateurs portables, mais se distingue par une gamme dite "durcie" baptisée Toughbook. Nous testons ici un modèle presqu’abordable (environ 3200 euros TTC en septembre 2005).
Tout d’abord, petit rappel : un ordinateur "durci", ou "endurci" est un ordinateur conçu pour résister à des environnements hostiles. Au début conçu pour des usages militaires, ces matériels ont peu à peu gagné le domaine civil : chantiers, véhicules, bateaux, etc.

Chaque fois qu’un ordinateur est capable de résister à des projections d’eau, aux chocs, aux trépidations, à la poussière, à la chaleur, au froid..., il est considéré comme durci.
Des normes nombreuses définissent les niveaux de résistance. Voici par exemple celles auxquelles répond le CF-18 :
| Test de résistance à l’eau | IEC529 IP-X4 JIS C0920, MIL-STD 810F 506.04-III |
| Test de résistance à la poussière | IEC529 IP-5X JIS C0920, MIL-STD 810F 510.4 |
| Test de résistance aux chutes | MIL-STD 810F 516.5 (chute de 90cm) |
| Test de résistance aux vibrations | MIL-STD 514.5 Test EMI MIL-STD 461 E |
| Atmosphères Explosives | Normes ATEX Zone 2 Cat. 3 |
Ces normes s’appliquent à des nombreux appareils et outils, et ne sont pas spécifiques de l’informatique.
L’intérêt de ce type de matériel duci, ou semi-durci, est qu’il a la capacité de fonctionner de manière durable même si le véhicule est secoué par la tôle ondulée, s’il fait 45° et que la poussière a envahi l’habitacle. L’usage d’un PC classique ne peut pas être recommandé pendant que le véhicule roule, le risque de détruire le disque dur est trop important. Et même rangé et éteint, un ordinateur classique a une constitution souvent trop fragile, qui peut aboutir à des bris de soudures ou de connecteurs, par exemple. Il faut savoir que les composants de matériels de type GPS sont souvent encapsulés dans de la résine, à la fois pour garantir l’étanchéité et pour maintenir les composants et protéger les soudures.
Ce préalable énoncé, que penser du Panasonic Toughbook CF-18 ?
Présentation du matériel
C’est un ordinateur qui, sur le papier, possède de nombreuses caractéristiques intéressantes :
construction robuste en magnésium vraiment difficile à rayer et à tordre.
étanchéité relative (résiste bien aux projections et même à une immersion de très courte durée, genre vague). Vous ne pourrez pas le nettoyer au jet haute-pression, mais vous pourrez lui passer un coup d’éponge au retour ou l’utiliser dans la brousse sous la pluie.
écran pivotant, permettant de le transformer en tablette. Ceci peut être commode pour l’installer dans une voiture. L’axe de rotation est robuste (il résisterait à une torsion de 100 kg, mais je n’ai pas essayé !)
écran tactile non soumis à l’utilisation d’un crayon. Avec une interface adaptée, il est tout à fait possible avec le doigt de cliquer sur des boutons et de déplacer le curseur ou la carte.
connectique complète, y compris WiFi (liaison radio, commode pour faire ses mises à jour dans son garage sans tirer un câble réseau jusqu’à la voiture, voire pour communiquer entre deux véhicules pas trop éloignés) et BlueTooth (connexion avec un téléphone portable BlueTooth possible).
processeur Centrino de 1.1 Mhz, offrant en théorie de bonnes performances comparables à un Pentium deux fois plus rapide.
bonne autonomie : au moins 6 heures constatées.
alimentation électrique par allume-cigare possible.
Le modèle essayé dispose de 512 Mo de Ram, qui vont s’avérer suffisants pour faire de la cartographie avec Ozi. Le disque dur est extractible en une seconde grâce à une trappe, très léger (intéressant pour mieux résister aux chocs et aux vibrations), et il fait 60 Go : suffisant, même pour de la photo satellite. L’essai est réalisé sur une machine équipée de Windows XP.
Premier contact très agréable : la machine est de petite taille (écran de 10,4"), mais lisible, le clavier est plaisant, le touchpad est dans les standards habituels, et l’ensemble est léger (environ 2 kg). Ce dernier point est important, car la plupart des PC durcis sont très lourds (plus de 3,5 kg en général). Cela facilitera sa fixation dans un véhicule, les tableaux de bord n’étant pas conçus pour servir d’étagère à enclumes.
La machine est utilisable réellement en position "tablette", l’écran tactile est assez précis et réagit bien, mais j’ai vu mieux en terme de rapidité : impossible de signer, par exemple. En l’occurrence, ce n’est pas essentiel pour un usage saharien.
La rapidité générale de la machine est bonne, mais un peu décevante au regard du processeur. Elle un peu plus rapide que le Summicom déjà testé, qui pourtant n’a qu’un Celeron 400 Mhz comme processeur, mais il est vrai que le modèle que nous avions essayé était grassement doté en mémoire vive.

- Les connexions
- Les prises sont protégées de la poussière et des projections d’eau par des couvercles en polyéthylène. La connectique est complète : deux prses USB, une prise modem, une prise ethernet, un prise moniteur externe et une prise série. Il dispose aussi d’un slot PCMCIA étanche.
Le disque dur semble également assez lent, mais on peut comprendre que la priorité du constructeur n’ait pas été le temps de réponse, mais la solidité. C’est peut-être incompatible, je ne sais pas. En tout cas, il semble important de doter cette machine du maximum de mémoire vive, à la fois pour limiter les accès au disque dur (ce n’est jamais bon sur un ordinateur sécoué sur la piste) et pour améliorer la réactivité générale. On peut mettre 1280 Mo de Ram, ce n’est donc qu’un problème financier.
L’écran est utilisable en plein soleil, mais c’est limite. Cet ordinateur doit de préférence être placé à l’ombre. Attention, si vous achetez une machine d’occasion, la génération précédente a un écran vraiment insuffisant en plein soleil, qui impose de l’utiliser à l’ombre. En l’occurrence, le modèle essayé est celui commercialisé depuis avril 2005, doté en standard de 512 Mo de RAM et d’une liaison BlueTooth.
Tests sur le terrain
J’ai emmené un CF-18 prêté par Panasonic lors de notre virée vers Sif Essouane (Tunisie).
Premier écueil, il a fallu lui trouver une place dans le Hilux. J’ai fait fabriquer un support en inox qui s’est avéré parfait, à base de deux tétons prenant place dans des encoches prévues sur le PC et un élastique de bâche pour verrouiller le tout. Simple et élégant, mais cela m’a coûté 100 euros quand même pour la réalisation en inox.
L’alimentation était assurée par un adaptateur 12 volts sur l’allume cigare, qui, on le notera, est également durci, ce qui est logique, mais évidemment plus onéreux qu’un matériel standard. L’ordinateur demande 16 volts et quelques pour fonctionner, au contraire d’un Summicom.
L’ordinateur se retrouve en face du co-pilote, en position "tablette", c’est-à-dire avec le clavier replié derrière l’écran. C’est un choix pour limiter l’encombrement, et nous avons utilisé le clavier virtuel, moins commode que le vrai clavier, mais suffisant la plupart du temps.
La luminosité de l’écran est limite, mais on peut se servir toute la journée de la cartographie à condition d’être bien en face de lui. Comme tous les écrans plats, l’angle de vision fait varier la luminosité, mais le CF-18 s’en tire correctement : il a une bonne plage de lisibilité latérale, ce qui est important pour permettre au pilote de jeter un oeil sans trop se pencher.
Le matériel est connecté à un GPS Furuno GP-30 par un câble série, plus encombrant mais bien plus fiable qu’une liaison USB, qui a toujours un peu tendance à se débrancher avec les mouvements de la voiture. De plus, une liaison série est extrêment basique (+ ou - 12 volts, et basta), ce qui est un gage de fiabilité. J’ai par contre rencontré une difficulté, c’est qu’il fallait distribuer les trames NMEA en provenance du GPS vers deux logiciels, et j’ai donc utilisé un logiciel qui fait ça, vendu assez cher (environ 100 euros). Bilan, il a fonctionné deux jours, puis il a commencer à avoir un comportement erratique. J’ai dû le désactiver et ne plus fonctionner qu’avec Ozi.

- Eléments extractibles
- Deux trrappes étanches sur le côté permettent de libérer la batterie et le disque dur. Ce dernier est encapsulé dans une protection aluminium et gel. Il est très léger, ce qui limite la force des secousses.
Moralité, faites simple dans votre installation informatique.
Windows XP n’a planté qu’une fois en 15 jours, ce qui est une performance, voire une coup de chance incroyable, mais je suis mauvaise langue...
Côté résistance, le CF-18 a parfaitement résisté au voyage. Il était parfois très, très chaud (en plein soleil derrière le parebrise, vous imaginez...), il a été pourri de sable par mon cher fils, au point que j’ai dû le passer sous la douche à Douz, chambre 12 (si, si, c’est vrai) à l’hôtel au retour, et il n’a absolument pas couiné sur la tôle ondulée. De ce côté là, on peut dire que le CF-18 a rempli sa mission haut la main.

- Résistance et étanchéité
- Le Toughbook supporte un arrosage ou la pluie, mais il n’est pas étanche en immersion. Il résiste aussi à un certain nombre de produits chimiques et à des chocs assez violents (chute d’un mètre sur béton).
Seule chose à laquelle il faut vraiment faire attention : ne pas essuyer l’écran, car les quelques grains de sable que vous ne manquerez pas d’emmener dans les fibres de votre chiffon rayent irrémédiablement celui-ci. Mieux vaut le nettoyer au compresseur et éviter d’essayer de le dégraisser (comme l’écran est tactile, il rapidement rempli de traces de doigts). A la rigueur, le mieux est de le nettoyer avec un pinceau (pas un chiffon) bien mouillé d’eau et de produit vaisselle, puis de le rincer sans frotter, mais si on peut s’en passer, c’est mieux.
Pour éviter de graisser l’écran, j’ai pris l’habitude de taper sur l’écran non pas avec la pulpe du doigt, mais avec l’ongle, c’est plus précis et ça salit moins.
En conclusion, c’est un matériel assez cher, mais qui a toutes les chances de résister à de nombreux voyages. Il est de plus parfaitement utilisable au quotidien, comprenez : vous pouvez l’utiliser pour le boulot et le passer en frais ;-)
Ses performances sont suffisantes, il y a encore la place sur le disque dur pour stocker vos images numériques. Succès garanti sur le bateau au retour, j’ai pu le constater.

- Alimentation 12 volts
- Elle aussi est durcie. Bien que vendue par Panasonic, elle est de marque Lind.
Son seul défaut reste son écran qui gagnerait à être encore plus lumineux, mais ne nous plaignons pas, la génération précédente était carrément inutilisable en plein air (curieux pour un ordinateur à utiliser à la guerre ou sur un chantier !). Ceci interdit de fait de le retenir en matériel d’occasion si vous n’avez pas la possibilité de le placer à l’ombre, ce qui est difficile ailleurs que dans un camion, à mon avis.

- Fixation à bord
- Le support en inox a été fait sur mesure. Il est assez simple et de petite taille. Deux ergots s’insèrent dans des cavités prévues sur la tranche de la machine, et un simple crochet en plastique et un sandow de bâche maintiennent le tout tout en rendant son extraction très rapide (moins de 10 secondes, en tenant compte des débranchements des câbles).

- Intégration au tableau de bord
- Le GPS Furuno GP30 est connecté sur le Toughbook via son entrée série. Il fourni à Ozi les données géographiques en temps réel.La manipulation se fait via l’écran tactile avec le bout de l’ongle ou le stylet.

- Gros plan sur les connexions
- En beige, la prise RS232 qui relie le PC au GPs, en noir à l’extême droite et en dessous la prise allumecigare.

- Gros plan sur le support
- Fait sur mesure en inox, c’est une pièce en équerre avec deux tétons. La fixation proprement dite se fait par un simple élastique de bâche. Le tout s’enlève immédiatement. L’ordinateur et la batterie supportent sans broncher 85°, ce qui lui permet de rester en plein soleil.

- Le tableau de bord.
- Le Toughbook est en face du passager mais légèrement orienté vers le conducteur. Il ne gêne pas la visibilité vers l’avant pour un adulte. Mon fils de 10 ans n’a pas été vraiment gêné.
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