Modifier son échappement


Portrait de TOURREILLES Jean-Marc

By TOURREILLES Jea...- Posté le 27 mai 2008

Il est souvent utile et même nécessaire de modifier son échappement. En effet, la pose d’un réservoir supplémentaire peut par exemple supprimer la place réservée à celui-ci sous la voiture.

Il y a plusieurs bonnes raisons pour modifier son échappement :

  • faire la place à un réservoir supplémentaire,
  • gagner du poids,
  • supprimer un échappement catalytique consommant trop de puissance,
  • supprimer un échappement trop vulnérable ...

Les contraintes sont multiples. Tout d’abord, le montage doit être impeccable sur le plan mécanique. Ensuite, il doit apporter un réel avantage technique ou pratique, car cette transformation a un coût. Enfin, le nouvel échappement doit rester compatible avec la réglementation du code de la route.

Il ne faut pas croire que le remplacement de son pot d’échappement par un modèle « compétition » va changer notablement la puissance de votre moteur. N’oublions pas que ce n’est pas le pot d’échappement qui donne la puissance au moteur. Au mieux, il n’étouffe pas le moteur [1]. Par contre, un moteur modifié exige le montage d’un pot d’échappement de plus gros diamètre et doté de moins de chicanes, apte à laisser passer plus librement le surplus de gaz d’échappement produits.

J’ai eu l’occasion de lire dans certains catalogues de pièces détachées ou de préparateurs bien connus des arguments parfaitement fallacieux : affirmation de gains de puissance de « plus 7 CV », sans aucune mesure sur banc à l’appui, ou qu’un pot en inox donnait plus de puissance moteur. Peut-être que s’ils étaient réalisés en or, ils donneraient 15 CV de rab ? Il en est malheureusement probablement de même pour les 4x4 que pour les motos : il est bien rare que les pots adaptables augmentent la puissance moteur, et le pot d’origine est souvent plus silencieux et plus efficace. Faut pas croire, ils sont conçus par des ingénieurs qui ne sont pas tous des pervers dont la priorité est de castrer le moteur qu’ils ont conçu...

Ce préambule étant dit, comment faut-il aborder le problème du remplacement de son pot d’échappement ?

La première chose à faire est de passer sous la voiture après avoir monté son réservoir supplémentaire et d’essayer de repérer un passage possible pour la tubulure échappement, et un espace suffisant pour y placer un ou deux pots. Bien sûr, certains préparateurs ont réalisé des tubulures toutes faites, et souvent plus simples à monter, disponible pour différents modèles. Nous allons donc nous intéresser à l’hypothèse inverse, celle où aucun modèle préfabriqué ne vous convient.

La difficulté principale va être de placer le pot d’échappement lui-même sous la voiture. Il suffit de se balader dans un magasin automobile et de regarder les formes torturées des pots d’échappement des différents modèles de voitures pour se rendre compte que le problème n’est pas simple. Comme nous ne disposons pas des moyens techniques d’une usine automobile, nous allons partir de composants standards ou de récupération.

Après avoir imaginé la forme et la dimension d’un pot d’échappement qui pourrait se glisser à l’endroit que vous avez prévu pour lui, au besoin en réalisant une maquette en polystyrène, le mieux est d’aller faire le tour des casses automobiles de votre région pour trouver un pot d’échappement de la bonne forme. Il est inutile de se focaliser sur les pots d’échappement de la marque de votre véhicule. En effet, votre pot d’échappement ne sera plus standard et les seules choses qui comptent sont :

  • l’encombrement général du pot d’échappement choisi,
  • le diamètre intérieur de celui-ci.

Ce dernier doit être au moins égal au modèle d’origine. En examinant votre ligne d’échappement, vous constaterez sans doute que celle-ci possède des coudes importants, voire des étranglements ; c’est le cas par exemple de la ligne d’échappement d’origine du HDJ80. À refaire votre échappement, profitez-en pour élargir également la tubulure de façon à ce que votre moteur respire mieux. Tachez de récupérer également des extrémités de tubes d’origine de façon à pouvoir fixer votre nouvelle tubulure à l’extrémité du collecteur sans le modifier. Ne vous focalisez pas pour l’instant sur les fixations du pot d’échappement aux châssis, vous les réaliserez sur-mesure.

Maintenant que vous avez trouvé votre pot d’échappement, ainsi que les extrémités des tubulures d’origine, soit provenant de votre propre pot d’échappement, soit provenant de récupération, les choses sérieuses commencent. Le mieux et le plus simple est d’aller voir quelqu’un dont c’est le métier, possédant une cintreuse et un poste à soudure. Vous pouvez cependant réaliser votre tubulure à l’aide de coudes de rayons variés, et de tubes droits, que vous allez assembler progressivement. En fait, les choses ne sont compliquées que si vous êtes obligés de contourner les obstacles. Plus votre montage est rectiligne plus il est simple à réaliser et moins il freinera les gaz. Sinon, une maquette réalisée avec un tube en PVC que vous cintrez au pistolet à air chaud peut vous aider.

Pour ma part, j’ai opté pour la simplicité. Sur mon véhicule, la ligne d’échappement est très raccourcie et rigoureusement droite. Au niveau de la boîte de transfert, j’ai adapté un pot catalytique de Discovery (gros diamètre intérieur et forme fuselée facile à caser) qui suit l’arbre de transmisssion arrière et qui débouche sous la voiture, au niveau des sièges arrière. L’ensemble fait environ 60 cm de long et moins de 20 cm de diamètre. C’est assez léger également, on doit gagner au moins 15 kg sur un pot d’origine.

Comme l’ensemble est très court et rectiligne, sa fixation a été élémentaire. Une patte prend appui sur un des supports de la boîte de transfert, l’autre prend appui sur un des boulons de fixation du réservoir supplémentaire avant gauche. La soudure d’un bout de métal sur le tube est triviale, il suffit ensuite de relier les deux par des caoutchoucs de fixation de dimension adaptée.

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La partie avant du pot d’échappement.
La liaison souple a été soudée sur le pot, avec sa fixation d’origine sur le collecteur (non visible ici)

L’extrémité arrière du tube d’échappement forme un coude orienté vers le sol. Ce coude est très court, il ne fait pas saillie, son seul but est de dévier les gaz d’échappement et d’éviter qu’ils ne remontent dans l’habitacle. Son inconvénient est de soulever la poussière, ce qui présente en contrepartie l’indéniable avantage de recouvrir de poudre blanche les malheureux qui vous poussent pour vous sortir du fech fech. C’est toujours gai à raconter à la veillée.

Après essais, la céramique catalytique a été précautionneusement percée sur toute sa longueur d’un trou de 3 cm de diamètre à l’aide d’un simple bout de tube en métal, pour ne plus perdre de puissance (les pots catalytiques font perdre au moins 10 CV). Cela fait un pot d’échappement bâti sur le principe des pots de moto : un tube calfeutré, sans chicanes, dans lequel les gaz d’échappemment ne sont pas freinés. Le bruit de l’échappement est un peu supérieur à la normale dans l’habitacle (quelques résonnances à basse fréquence du plancher de la voiture à certains régimes) mais reste supportable, surtout une fois le véhicule équipé de son coffre intérieur. Extérieurement, le bruit est normal, à peine supérieur en fait, mais comme la sortie d’échappement est sous la voiture, orientée vers le sol par un coude, on l’entend très peu. Disons qu’il fait un bruit plus "viril", plus "moteur de bateau" que l’origine, mais son volume sonore est tout à fait légal.

En fait un moteur turbo est moins bruyant qu’un moteur atmosphérique, en raison de la présence du turbo qui étouffe les bruits d’échappement, en y ajoutant cependant son sifflement caractéristique. Même en échappement libre, le bruit reste inférieur à celui d’un camion ou d’une moto, et seul le sifflement strident attire l’oreille de la maréchaussée. J’ai cependant roulé un an en échappement libre (oui, sans aucun pot) sans être arrêté par la « boulice ». Certains vont encore dire que c’est parce que j’habite dans le Midi ! Avec ce pot raccourci, la puissance de mon véhicule est identique à celle que j’avais en échappement libre, et je n’ai plus besoin de lever le pied devant les flics : le sifflement du turbo est inaudible.

En conclusion, sur un moteur turbo, on peut raccourcir son pot sans assourdir les passants. La position ventrale est très commode quand elle est possible et qu’elle n’entraine pas de remontées de gaz malodorants et dangereux dans l’habitable (pour ma part, je n’ai jamais d’odeurs, ni surtout jamais de migraines, ce qui prouve qu’il n’y a pas de CO ni de CO2 dans l’habitacle).


Notes

[1] sauf sur les moteurs deux-temps où il participe à la bonne évacuation des gaz d’échappement

 

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