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La photographie numérique est-elle adaptée aux grands voyages?


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By Webmaster du site- Posté le 22 mai 2008

En octobre 2001, je faisais un point sur la photographie numérique sous l’angle des voyages lointains. La situation a bien évolué et mérite un réexamen.

A l’époque, la conclusion était mitigée : tout en reconnaissant que cette nouvelle technologie représentait probablement l’avenir de la photographie, il semblait, à la foi pour des raisons pratiques et de qualité préférable de partir encore avec un appareil argentique, puis de scanner les photos.

Les choses ont bien changé.

Des capteurs bien meilleurs

La première chose qui saute aux yeux est l’amélioration des capteurs numériques. Le moindre compact offre aujourd’hui une définition de 6 mégapixels (Mpx), suffisante pour obtenir de bon tirages en A4, d’un format presqu’équivalent au traditionnel 24x30. Les hauts de gamme actuels passent la barre des 16 Mpx, et offrent au moins les mêmes prestations que les meilleurs films argentiques, voire meilleures en haute sensibilité.

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Détail d’un capteur

Cette amélioration se fait sentir à plusieurs niveaux :

  • tout d’abord, la définition elle-même dépasse aujourd’hui sur les boitiers compacts ou bridge (reflex à zoom non interchangeable) les 8 Mpx. La finesse des détails est aujourd’hui tout à fait satisfaisante, au moins dans de bonnes conditions de prise de vue.
  • ensuite, le traitement du bruit a été amélioré. Le bruit apparait lorsque l’on "pousse" le capteur en sensibilité, sous la forme d’une dégradation de l’image. En fait un capteur est conçu pour une sensibilité donnée, généralement de 100 iso, mais on peut amplifier le signal du capteur pour qu’il transmette des informations capturées à des luminosités plus faibles, ce qui revient à augmenter sa sensibilité artificiellement. Comme tout se paie en ce bas monde, cela entraine une montée du bruit, qui se manifeste par une neige de points bleus et rouges qui parsèment l’image et sont surtout visibles dans les zones sombres. Le logiciel de l’appareil photo, qui traite l’image à la sortie du capteur, est capable d’estomper ce bruit de manière de plus en plus efficace, mais jamais totalement.
  • la latitude de pose et la dynamique ont également été très améliorées. cela se traduit par un meilleur rendu des images à fort contraste, où les blancs sont moins brûlés et les noirs moins bouchés. Il y a encore à faire, mais sur les meilleurs capteurs actuels, les rendus de ces photos difficiles est tout à fait satisfaisant.

Des cartes mémoires de plus grande capacité

On trouve aujourd’hui très couramment des cartes mémoires de 256 Mo, et des cartes de 2 Go sont aujourd’hui abordables (moins de 200 euros). Avec un appareil à 6 Mpx, cela signifie que l’on peut prendre environ 500 photos en JPEG avec une compression faible de 1:3, ce qui correspond à la meilleure qualité d’image en JPEG.

A cela s’ajoute la disponibilité de plusieurs modèles de "videurs de cartes", qui sont des petits boitiers électroniques dotés d’un disque de dur ou d’un graveur de CD et permettant de libérer de la place sur ses cartes mémoires. Pour un photographe "motivé", le gain de place est évident.

Disponibilité de reflex numériques

Les "vrais" photographes ne jurent souvent que par les boitiers reflex. Il n’y a pas nécessairement de snobisme là-dedans. L’intérêt principal de ces boitiers est de permettre le remplacement des optiques en fonction des désirs du photographe et des conditions de prise de vue. Le zoom des bridge cameras est commode, mais il faut bien reconnaitre qu’il ne vaut pas une bonne optique faisant généralement trois fois son poids et son volume, tant sur le plan de la luminosité que sur celui du piqué et des distorsions. En matière d’optique, il n’y a pas de secret, les règles sont les mêmes pour tout le monde et pour corriger les aberrations, il faut du verre, beaucoup de verre, même avec des lentilles asphériques ou à haute dispersion. Une optique lourde et grosse est souvent mieux corrigée qu’un objectif super compact, et il est physiquement impossible de faire des optiques à la fois compactes et lumineuses. Les différences sautent aux yeux dès qu’on sort des conditions idéales de prises de vue, de la même manière qu’on apprécie réellement certains 4x4 lorsque les conditions deviennent difficiles.

Canon et Nikon ont été les premiers à se lancer dans la production de boitiers reflex numériques, et sont suivis depuis plus récemment par Sigma, Olympus, Minolta-Konica et Pentax. Ces boitiers se situent globalement dans le haut de gamme, mais depuis la sortie du Canon 300D à environ 1000 euros, d’autres essaient de se positionner sur le marché des appareils plus abordables.

Les boitiers haut de gamme de Canon (20D, 30D, 40D et la série des 1D) et Nikon (D80, D200, D2H et autres) permettent à un photographe professionnel ou à un amateur chevronné d’avoir la certitude de ramener de son long périple des images de qualité. Mais les tendances actuelles sont aux boitiers reflex plus abordables : Canon 400D et Nikon D80, par exemple, qui tirent les prix vers les 500 euros boitier nu, et offrent une qualité d’image presqu’identiques à leurs cousins haut de gamme.

Des boitiers étanches

A côté de ces appareils reflex, nous voyons apparaître toute une gamme de boitiers compacts totalement étanches, soit parce qu’ils le sont par construction, soit parce qu’il peuvent être placés dans un boitier étanche spécifique. Ma préférence va aux premiers, qui sont d’abord plus solides structurellement (ce n’est pas en mettant un boitier de salon dans un caisson qu’on le rend plus solide aux chocs), et qui sont aussi nettement plus commodes à manier, car le caisson est encombrant et souvent peu ergonomique.

Quelques limites encore

Ces limites tiennent essentiellement au prix des matériels dignes de ce nom (bridges haut de gammes et reflex). Un appareil offrant un bon capteur, une bonne optique et une bonne résistance physique coûte au moins 800 euros.

On ignore trop souvent qu’un capteur de petite taille (c’est-à-dire équipant la totalité des compacts et des bridges actuels) ne peut pas impunément monter en définition. En effet, pour un capteur de surface donnée, augmenter le nombre de pixels revient à réduire la taille des photosites, c’est-à-dire des senseurs qui parsèment la surface du capteur, ce qui réduit leurs performances et leur sensibilité à la lumière. En clair, plus il y a de pixels pour une même surface, plus l’image générée est bruitée, et plus le logiciel de correction doit être épaulé par un processeur puissant. Faute d’un traitement correct, l’image brute est certes plus fine en termes de définition, mais tellement bruitée qu’elle est globalement moins bonne qu’une image moins dense en points.

A cet égard, la diagonale d’un capteur de compact ou de bridge est de l’ordre de 9 à 11 mm de large, alors que celui d’un reflex fait plus de 30 mm de diagonale et peut monter à 43,3 mmm sur les très haut de gamme offrant un véritable 24x36 mm. Il n’y a pas de solution si on est exigeant sur le résultat, il faut un reflex.

Voir à ce propos un article très intéressant auquel j’ai emprunté l’image suivante :

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Les différentes tailles de capteurs

Il suffit de tester un Canon 20D à 1600 iso pour se rendre compte que les bridges sont très loin du compte en termes de bruit et de qualité d’image.

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Exemple Photo faite à la lumière un simple lustre à l’aide d’un canon 20D, sans flash. Sensibilité 1600 iso 1/50 de seconde à f/4 L’image n’a pas été retouchée. La balance des blancs a été faite avant la prise de vue, ce qui explique le rendu très naturel des couleurs en lumière artificielle.


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Détail Remarquez le très faible bruit pour une image à 1600 iso.


Pour ce qui nous intéresse, la photo dans le désert, il faut rester conscient que les plus belles images ne se font pas en plein soleil. Au contraire, les lumière mourantes du soir offrent le plus bel espace d’expression. Ces considérations ne sont donc pas purement théoriques ou extrêmistes.

Pour la photo de reportage, genre "le gros Lulu en flagrant délit de pelletage", ou "Le pastis à Dédé le soir à la veillée", un compact étanche par construction est le meilleur choix. Pour ceux qui ne souhaitent pas s’encombrer, c’est la meilleure solution, car la plupart des appareils sur le marché sont de la camelotte en plastique incapable de résister à un simple séjour dans un top case de moto. il faudra juste ne pas lui en demander trop, ne pas s’étonner qu’il déclenche le flash sur les couchers de soleil et renoncer à faire un poster en rentrant. Il sera aussi probablement très lent.

Il faudra donc le tester dans le magasin pour vérifier qu’il n’est pas trop lent. Beaucoup d’appareils d’entrée de gamme, et même de haut de gamme sont d’une lenteur catastrophique : s’il se passe plus d’une seconde entre l’appui sur le déclencheur, et le déclenchement proprement dit, vous ne réussirez jamais une photo sur le vif, que ce soit le gros Lulu en train de pelleter ou vos enfants en train de jouer. Le Canon 10D, bien que capable de déclencher trois images/seconde, est bien, mais m’a gêné lors d’un safari photo au Kenya, car les animaux se déplacent beaucoup à travers les arbres et la mise au point hésite. Le Canon 20D qui balance 5 images/seconde est vraiment d’un grand confort pour les photos d’enfant ou même les simples portraits sur le vif. Les appareils professionnels atteignent 8 images/seconde : ils font un bruit de machines à coudre ! Ce n’est pas pour rien. La vivacité d’un appareil est une caractéristique essentielle, et elle est globalement liée à la qualité de son électronique : seront donc concernés à la fois la qualité de la mise au point (surtout en basse lumière), l’exactitude de l’exposition (qui doit être précise avec un capteur numérique), la rapidité de déclenchement, mais aussi le temps de latence avant la prochaine photo, le temps pour l’appareil d’écrire l’image sur la carte, voire le temps d’allumage de l’appareil qui peut atteindre 10 secondes. Si l’appareil est trop lent, vous le délaisserez rapidement.

Une autre limite importante est la logistique qu’ils demandent. Leur consommation électrique reste importante, et vous êtes obligé de vous pencher sur le problème du chargeur de batterie. Le déchargement des cartes mémoire demande aussi un appareil dédié ou un micro-ordinateur. Quant à emmener plein de cartes mémoire, c’est impossible économiquement, bien que ce soit la meilleure solution en raison de la robustesse et du faible encombrement de ces cartes.

Conclusion

Olympus Mju 770SW
Le Mju 770SW d'Olympus

Honnêtement, il faut être bien difficile pour ne pas se contenter des images numériques des appareils actuels, surtout si le but est simplement de ramener des photos souvenir en format 10x15. Dans ce cas, offrez-vous un compact étanche par construction comme le Mju 770SW d'Olympus, qui offre tout ce qu'il faut pour faire des photos de bonne qualité pour moins de 300 euros. Le Mju 1030SW est un 10 Mpx similaire, résistant à des chutes de 2 mètres, à une immersion de 10 m et à l'écrasement par un poids de 100 kg; que demander de plus?

Si votre ambition est de profiter de votre voyage pour amener des images inoubliables, si votre désir est d’explorer toutes les possibilités que vous souffle votre créativité, n’hésitez pas et offrez-vous un reflex. Le Canon 400D est très bien et on le trouve en cherchant bien pour environ 800 euros avec un zoom interchangeable de 18-55 mm équivalent à un 29-90 et une poignée d’alimentation supplémentaire. Il peut aussi intéresser le possesseur d’optiques Canon, au seul prix d’une perte d’angle de vision dans un rapport de 1,6 (ou d’un gain de focale équivalent) ; les autres fonctionnalités sont totalement conservées. Le Nikon D80 est son équivalent, à peine un peu plus cher.

Enfin, si vous aimez vraiment la photo et que vos moyens vous le permettent, offrez-vous tout ce que vous voulez ;-).

NB : cet article ne reflète que l’opinion de l’auteur. Aucune rétribution n’a été versé à l’auteur de cet article pour exprimer ses préférences.

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