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Mauritanie Mali 2006


Portrait de TOURREILLES Jean-Marc

By TOURREILLES Jea...- Posté le 26 août 2008

Texte de Rafaelle et Christian

 Eléments techniques

6 semaines ( fin janvier, début mars ) environ 13500 km ITINéRAIRE : Espagne, Maroc,la piste de la voie ferrée,l’Adrar mauritanien, puis Nouakchott, ensuite Tidjikja, Tichitt, Néma... la frontière malienne à Adel Bagrou, Nara, le parc du Baoulé au sud, puis la piste vers le nord ouest jusqu’à Kayes, retour en Mauritanie par Sélibabi et Kaedi.

Formalités :

Mauritanie Entrée : visa ( double entrée ) à la frontière 20 euros par passeport, douane 10 euros pour la voiture

change à 315 UM pour un euro en moyenne, change au noir sans intérêt ( en pratique plus de contrôle des devises )

Gas Oil à 212 en général sauf dans les zones où la pénurie est organisée par des commerçants avisés ( dans ce cas ça monte à 400 en jerrycan ) ( se méfier entre Aleg et Kiffa et dans les endroits reculés) Problèmes pour l’appro en essence.

Sortie à Adel Bagrou : 2000 UM par coup de tampon ( vu à la sortie ... )

La taxe touristique locale semble revenir à la mode vers Atar mais nous l’avons évitée

Mali Visa au consulat à Nouakchott dans la demi journée : 6500 UM par passeport

Frontière à Nara : pas d’attente, 8000 CFA pour le laisser passer touristique de la voiture.

Assurance à Nara en une demi heure.

Change officiel à 655 CFA pour un euro, compter plutôt 600 chez les commerçants

Gas Oil à 450 dans les stations mais il y a peu de stations dans les villages : compter 500 ou même 600. Pas de problèmes d’appro pour l’essence.

Sortie du Mali dans la savane à Aourou ( coup de tampon : vu à la sortie... ) et entrée en Mauritanie à Sélibabi ( police, douane et un coup de tampon : vu à l’entrée... )

Le chien : passeport et carnet de vaccination ( rage ) : personne ne nous a rien demandé nulle part ni en Afrique ni au retour les douanes espagnoles et françaisesLa voiture : Toujours le même HZJ 75, 203000 km avant de partir, aucun ennui.

J’avais cassé mes lames arrière en rentrant l’année précédente, donc lames neuves renforcées Iron Man ( dureté B à l’avant et C à l’arrière ) : impeccable, en particulier sur les pistes infernales du Mali, par contre on a le dos détruit ou presque.

Petit détail : j’ai fait régler la pompe par un diéséliste de vers chez moi : la voiture marche mieux et je consomme moins. C’est quand même un plaisir d’avoir un engin qui prend des tours au lieu d’un simple tracteur.

Pneus Goodrich Mud en 235 85 16 ( 2° voyage ) : l’idéal à mon avis pour cet itinéraire. Une crevaison ( réparée par une mèche, sans démontage )

Le Tour

 1° partie : l’Adrar 
 2° partie : Tidjikja Néma 
 3° partie : le Mali

1° partie : l’Adrar / 3 petites excursions très différentes

Arrivée à Nouahdibou vers midi : il a plu, beaucoup plu comme hier entre Boujdour et la frontière, rues partiellement inondées, eau brune légèrement visqueuse, boue, légère odeur de poisson, pas très claire non plus, ne pas se poser de questions, mais qu’est-ce qu’on fait là ?, maintenant, il fait beau, il fait chaud, les gens sont souriants, les voitures déglinguées, les camions bruyants, on est venu prendre l’assurance.

Nous sommes arrivés par Choum et nous avons voulu essayer un passage qui franchit un petit bout de l’erg de Maqteir au sud du puit de Chreirich.

Nous sommes donc montés à Char, après avoir rodé au large dans les massifs qui émergent de la grande plaine de l’ouest.

Char : très joli site, petite vallée ensablée qui s’enfonce dans le premier contrefort de la montagne avec de beaux arbres, une palmeraie déserte, des huttes dispersées sous le couvert, des puits...

Djenoun dort, Christian lit. C’est très calme, juste un soupir à ma droite et un piaillement d’oiseau pas très loin. Beaucoup d’arbres verts, en face une dune dans le soleil encore, juste derrière un éboulis de roches, ocre-brunes, de celles qui prennent dans le soleil couchant cette teinte violette qui m’est familière. Silence, il n’y a rien à faire, et personne- juste une mouche. Ensuite nous avons escaladé le plateau vers l’est en cherchant des traces nous permettant de rejoindre la grande dépression nord sud qui descend de Tourine vers Chreirich. Ca passe mais c’est du hors piste complet, si bien bien nous avons fait demi tour à la fin de la journée. Pas de grandes dunes difficiles mais des buttes ensablées à perte de vue : on finit toujours par mettre la voiture dans des positions scabreuses.

Au retour : gueltas de Choum, une succession de vasques avec un peu d’escalade, super endroit.

Une deuxième petit tour vers Ouadane pour voir l’arrivée des marathoniens ( Alain Caron ), on est monté par l’ancienne piste et la passe d’Amojiar et on est revenu par le Nord en descendant la petite piste d’Achmakou, puis Aderg dans les sables en face et les puits ( très joli )

Un dernier tour pour descendre et rejoindre la route de Nouakchott : oued El Abiod, puis montée à gauche en bas d’Oujeft, un peu de plateau, Maaden, descente sur Faraoun, sable mou sans traces jusqu’à Ouagchoda, gorge de H’nouk, pris à droite dés la fin des falaises, sortie du massif plein ouest par une piste presque invisible par endroits mais construite dans les passages rocheux.

Maaden, ce n’est pas le première fois et je voudrais savoir que ce n’est pas la dernière, on a retrouvé notre bivouac des années passées entre dunes et dunes et rochers, pas loin de la guelta, les ânes n’ont pas bougé, inlassablement ils suivent la même route entre l’eau et la pâture, ils sont toujours aussi gris, aussi beaux, aussi calmes et distants et il y a plein de petits animaux aux cris aigus qui se cachent dans les rochers. Entre essayer de les découvrir, de les surprendre et regarder l’erg changer de couleurs on se retrouve à la tombée de la nuit. Remontée vers les dunes, Foum Tizigui, prendre ça calmement, c’est pas très haut, on se plante toujours un peu mais rien de vertigineux ni d’angoissant. Puis la route.

3 ou 4 jours splendides, vu personne à part quelques nomades et ... quatre allemands en moto dont une moteur cassé dans Foum Tizigui.

Nouakchott : auberge Ménata. Olivia, efficace et accueillante. Sauf le portail qui est un peu étroit pour les campings-car et les conducteurs qui croient que le radar de recul fonctionne aussi sur les cotés.

2°partie : Tidjikja Néma

A Atar, bien que nous soyons hébergés chez des amis, et que nous ayons quelques habitudes et relations, nous avions trouvé que l’ambiance se détériorait. Un petit coté : je me fous de ta gueule, gros con de touriste. Léger, mais sensible.

Sur la route de l’Espoir, même sensation. Concrètement, pas de GO entre Aleg et Kiffa... et rumeurs de pénurie sur le Tagant.

Des villes successives, Aleg ? Magna L achda ? Kiffa ? comment dire ? c’est impressionnant : une rue très étroite, encombrée : charrettes, chèvres, 4x4 .... étals avec les mouches sur la viande, les gamins du garage couverts de camboui de la tête aux pieds mais surtout, surtout les ordures : champs à l’entrée de la ville, champs à la sortie, au sol bien compactées sur quelques centimètres, en l’air vols de sacs plastiques qui s’accrochent désespérément à tout ce qui peut.

A Tidjikja, super accueil par contre de la petite Séverine ( sahara-ouydan-riv.com ) qui tient une auberge avec son mari juste en dessous de la station service.

Nous retrouvons les forts sympathiques allemands à qui nous avons proposé de voyager ensemble puisqu’ils ont une moto en moins, et nous un gros camion.

La piste : plutôt pénible, très ensablée, sans être vraiment difficile, traversant des paysages... pas mal sans plus.

Consommation élevée ( 240 litres pour 800 km ) mais je m’attendais à pire ( merci à ceux qui m ’avaient prévenu ) bon, fallait la « faire » c’te piste, on l’a fait, c’est bon, c’est fait ! combien de fois ai-je écrit sableux ??!!

On rencontre du monde tous les 5 kilomètres, c’est raté pour la grande piste sauvage qui s’enfonce dans les territoires vierges du centre de l’Afrique.

Les nomades : ben, y en a partout, et ils veulent des bics, des tee shirts ou de l’argent... commencent même à dire qu’il faut payer pour prendre de l’eau aux puits... et pour les photos à Mahgrougha.

Oualata : joli... un touriste est il autre chose qu’un porte monnaie ?

Néma : poussière, temps voilé, bout du monde... nous filons vers le sud par de grandes pistes qui se perdent dans des villages improbables, puis se recomposent dans des vallonnements sans fin. Pas de difficultés particulières. Les deux motos qui restent nous quittent en obliquant à l’Est, sur notre itinéraire de retour de l’ann ée précédente.

Adel bagrou, c’est déjà l’Afrique noire, rues étroites, beaucoup de monde, mais pas de poste frontière. Les flics sont réfugiés à l’écart, sous un pylône, dans une casemate de 25 mètres carrés, au départ de la piste vers le Mali.

3° partie : le Mali

Nous retrouvons Nara. Des arbres, presque une forêt, lumière douce sous le couvert... Changement d’ambiance. Ce n’est déjà plus la lumière crue, directe et écrasante du désert.. Grande piste vers Bamako. De la tôle ondulée, des portions de goudron, des panneaux indicateurs, des alignements de baraques au bord de la piste quand on attend une ville, pas de station service en état de fournir du GO ( d’où l’intérêt d’anticiper à chaque fois que possible ), paysage de savane un peu monotone...

Les premiers baobabs...

Finalement, la mention, sur la carte, du Parc national de la boucle du Baoulé nous séduit. Un policier fort serviable nous conseille de contacter le cantonnement des Eaux et Forêts, qui eux mêmes nous envoie vers l’antenne des Eaux et Forêts de Missira, à 50 km sur notre droite. Piste très étroite entre les arbres, assez roulante ( à 30 km à l’heure), circulation clairsemée de vélos et de charrettes, villages de plus en plus sympathiques, du monde dans et autour des villages, surpris, amusés... on se perd ou on se coince dans leurs ruelles encombrées entre clôtures et cases, ça rigole beaucoup, on finit par s’arrêter à chaque carriole qu’on croise, finalement c’est plus un raid dans le désert mais un dimanche après midi de causette.

Missira : on discute, on comprend la moitié de ce qu’ils disent et inversement, on se marre quand même ; les hommes sont beaux mais habillés n’importe comment, les femmes sont des déesses descendues sur terre, les gosse nombreux, morveux, font la sarabande autour de la voiture ( je rappelle qu’on a un chien qui participe à l’animation )

Le chef de l’antenne de Missira, Abdoulaye, nous prend en charge, on mange chez lui ,bien sûr, la moitié du village passe et repasse, on boit le thé, puis on envisage de traquer quelque hippotame des environs, on remange des ignames frites, puis on charge ce qui reste dans le Toy, plus un conseiller municipal, puis un pécheur ( seul les pécheurs savent où se cachent les hippos ), puis d’autres, ça commence à faire du monde dans la bagnole... et difficile de conduire, à quatre devant et je ne sais combien derrière, plus le chien, surtout qu’il n’y a plus de piste puisque on cherche un hippopotame et que, comme chacun sait, les hippos sont rarement sur les pistes mais plutôt sur les rives des fleuves ou au fond des fleuves. Finalement, la seule chose que je puisse certifier, c’est que ça a des grosses pattes rondes, mais en réalité, tout le monde s’en doute un peu, même en en ayant jamais vu.

3 jours comme ça, de villages en villages, de hameau de culture en hameau de culture, de campement peul en campement peul, matins d’Afrique, nuits sombres avec de grands feux de bois qui éclairent les maisons, des femmes splendides, des bambaras au port de reines avec leurs robes fantastiquement colorées, des peules en tuniques foncées, le visage cerné de bijoux d’argent, des enfants tout nus... histoire de ce parc bien mal en point, histoire de tous ces gens, cultivateurs, éleveurs, chasseurs, braconniers, nomades et sédentaires... N’y allez pas, il n’y a rien à voir : pas d’animaux sauvages, pas de ruines archéologiques, pas de franchissement pour 4 x4, pas de petit resto sympa ni de lodge avec piscine... mais on s’est régalé.

Merci à Abdoulaye, à sa femme nonchalante, aux enfants souriants et aux enfants inquiets, au vieux pécheur avec sa canne, aux jeunes pécheurs riants dans la pénombre près des feux pour sécher le poisson, aux maliens de là et à l’hippopotame que nous n’avons pas pu rencontrer car « il était au fond de l’eau ».

Après, on avait envie de rentrer chez nous, alors on est descendu pour rejoindre la piste de Kayes avec l’idée qu’on allait tomber sur un grand axe goudronné ( je maudis encore ceux qui nous avaient suggéré qu’on allait trouver une autoroute )

En réalité, la piste fait 2 mètres de large, les branches sont à 2 mètres dix, et les termitières qui parfois cachent des souches plus ou moins solides, 30 centimètres... c’est amusant pendant une heure. 330 kilomètres...presque deux jours. Ajoutons des trous à engloutir un camion et des morceaux de voie ferrée qu’il faut emprunter pour éviter de traverser des lits de rivières, après avoir demandé l’autorisation à la gare la plus proche... ( pour moi, une locomotives en sens inverse, c’est vraiment l’angoisse)

La piste rejoint le confluent du Baoulé et du Bakoye qui forment le fleuve Sénégal. Alors qu’on était dans un univers d’oued asséché, puis au bord d’un soi disant fleuve, le Baoulé, qui se résume , en saison sèche, à une succession de mares boueuses, brusquement on se retrouve en face d’un machin de plusieurs centaines de mètres de large. Des mètres cubes d’eau bleue qui glissent devant nous, bordés d’une ligne de végétation luxuriante, sur un arrière plan de montagne demi désertique. Premier arrêt et baignade aux chutes de Billy puis arrivée sur les chutes de la Gouina... on est resté scotché, ça déverse de plusieurs dizaines de mètres de haut sur toute la largeur...

Depuis Kayes, le retour normal en Mauritanie se fait par Kiffa, mais, en regardant la carte, ça paraît plus logique de couper vers l’ouest. Donc on a fait tamponner nos passeports à Aourou et on a tité vers Baediam en direction de Sélibabi.

Fini les baobabs... Retour vers la déglingue, sans problème, Sélibabi, Kaedi ( d’abord c’est de la tôle ondulée : llloooonnnngues viiiiiiibbbbrations, ensuite du goudron et miracle la voiture arrête de bouger dans tous les sens ), puis Aleg, Nouakchott, la frontière, le Maroc... l’Occident avec ses qualités et ses défauts...

Coup de blues sur le retour à cause de l’ambiance en Mauritanie

Trop de contrariétés et d’ embrouilles avec les maures. Rien de grave mais suffisamment pour qu’on ait plus envie de repartir. Surtout avec un désert qui manque un peu de caractère.

Accueil pas toujours terrible, contact avec les populations de plus en plus difficile ( à moins que donne moi de l’argent veuille dire bonjour en hassania ), gamins de plus en plus collants, voire agressifs, intermédiaires touristiques qui confondent proposer des prestations intéressantes avec racket, prix en hausse ( on essaye ostensiblement de faire raquer le touriste )... les ordures, le change fluctuant, la banque fermée, le riz charançonné...

Je sais, je sais, c’est pas uniquement de leur faute, et nous avons une part de responsabilité... mais sentiment de sale état d’esprit qui s’installe...

Heureusement l’accueil au Mali était super. Dans un esprit promenade et contact avec les populations, par exemple avec des enfants, c’est vraiment bien.

Mais ce n’est plus le Sahara et c’est loin... Faudrait remonter vers l’Adrar des Ifoghas ( ce qui ne pose pas de problèmes aujourd’hui ). Et rentrer par l’autre coté... bonjour les distances.

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Les dunes de Maadène
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Tichit
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Oualata

Village de BaouléChutes de la GouinaPont de Kayes

 

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