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Voyage en Mongolie et en Russie


Portrait de TOURREILLES Jean-Marc

By TOURREILLES Jea...- Posté le 26 août 2008

 La Mongolie, 1 535 000km2 , en Asie centrale. Des hautes plaines, des chaînes montagneuses élevées, le désert de Gobi, la taïga, les steppes, ces vastes espaces de pâturages des grands troupeaux mongols. Chinggis Khan, les gers, les yaks, les chameaux, ces chevaux que l’on dit domestiques le jour et sauvages la nuit... Ce pays loin, si loin..

Texte de Noémie et Jacques Dufresne (javanosi)

 

« Saïn bano, saïn bano ! », on nous invite dans la tente, toute la famille est là. Le grand-père, la grand-mère, les enfants, jusqu’au dernier-né qui se repose, tout emmitouflé dans une del bleue au tissu soyeux, sur un lit en fer. Sur le poêle, chauffé par desbouses de chameaux séchées, une femme aux pommettes hautes nous fait chauffer du thé au lait, salé. On nous a installés sur des tabourets minuscules.

Les hôtes ne s’asseyent jamais à même le sol. On s’observe, on se sourit, on inspecte, chacun notre tour, nos demeures respectives. On nous propose des gâteaux de fromage blanc, et de l’arkhi, encore et encore...Et les sabots des chevaux qui résonnent dans la combe, vite, c’est la Nadam ! Des centaines de gamins, pieds nus, le plus souvent sans selles, galopent dans la steppe. La victoire, c’est l’honneur de la famille. Un fils mongol mauvais cavalier n’existe pas. Puis c’est la lutte, au village. On a dressé des tentespour accueillir tout le village, tout le monde se restaure, avant de pouvoir contempler les aigles et les éléphants, ces lutteurs renommés que le village a fait venir pour l’occasion. La joie, la bonne humeur, les jeux...

Et puis, les kilomètres défilent, si minuscules dans ces espaces surdimensionnés. Lesnomades ont semé leurs tentes au gré du vent, sur les immenses flancs des montagnes verdoyantes. De Tachanta, la frontière russo-mongole, au désert de Gobi, c’est la steppe qui nous accueille. Il n’y a pas de route, très peu de véhicules, excepté quelques camions remplis de ferraille ou de laine de yaks, fraîchement rasés, qui partent pour la Chine, à 50 kilomètres de là.

La transition avec la Russie a été nette. Fini les belles slaves, les belles routes, notre civilisation européenne. Désormais, nous sommes nomades, chez les nomades. Peu à peu, la steppe laisse place au reg. La piste devient tôle ondulée, les signes de vie se font encore plus rares. Le parc national du Gobi est seul. Il nous offre ses gorges, ocres, qui meurent soudainement pour nous révéler des étendues désertes, et, là, ce petit point imperceptible sur la ligne d’horizon, à 500 kilomètres, c’est Dalangzagdag. Là où nous nous rendons.

Après les dunes du Sahara, c’est celles du Gobi qui nous accueillent le temps d’une nuit. Un « minuscule » cordon de dunes, qui ne représente en réalité que 3% du parc national. Minuscule peut-être, mais infranchissable, sauf pour les mobylettes des autochtones, légèrement surpris de rencontrer là une famille de campeurs, à 15 000 kilomètres de chez eux.

Et ensuite, c’est le Nord du pays. Des lacs immenses qu’on croirait des mers. Des eaux claires, non polluées, poissonneuses. Des lacs volcaniques, des montagnes mangées par des champs de lauriers de Saint Antoine. On se croirait dans Alice au Pays des Merveilles. Nous sommes passés de l’autre côté du miroir...Des volcans, des arbres, et le berceau de la civilisation mongole : Kharkhorin, et ses temples lamaïstes aux décors recherchés. Bouddha et sa philosophie zen.

Tout est calme dans cette contrée, paisible.Khovsgol, lac si grand qu’on ne peut voir de l’autre côté, là où l’eau rencontre l’air sans limite. Mais le temps est brumeux, l’hiver se rapproche à grand pas, les nomades préparent leur bois, les animaux, anxieux, vérifient si leur pelage est assez long. L’hiver est l’épreuve à passer pour tous, les troupeaux sont décimés par le froid, les visages craquent sous la pression de la température. C’est ainsi.

Ulaan Bataar, la ville la moins mongole de tout le pays, et pourtant capitale, vestige vivant de la colonisation communiste. Ville aux musées cocasses.

Mais tout a une fin. La boucle est bouclée. Retour sur le Baïkal, en Russie, une manière de vivre qui nous « correspond ». Une re-traversée qui nous permet encore une fois de gommer tous les clichés que l’on peut avoir, sauf celui de la fameuse boisson transparente...l’hospitalité russe a la vodka facile !

Des milliers de kilomètres de taïga, à longer le transsibérien que l’on voit aller, avec un peu d’amertume, vers la Mongolie. Les prochaines vacances ne sont pas loin, n’est-ce pas ?

Récit jour par jour sur le site http://www.javanosi.fr

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