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Trecking au Tassili N’Ajjer


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By Webmaster du site- Posté le 26 août 2008

 La raison profonde de ce compte-rendu est de tenter de vous faire partager le plaisir que nous avons eu à crapahuter dans le Tassili N’Ajjer au Nord ouest de Djanet. Compte tenu de la quantité de sentiments ressentit au cours de ce voyage, cela risque d’être compliqué.

Texte de Cédric Van Lander

 

 Nous étions 12 personnes d’âges, d’origines (une algérienne, une marocaine notamment), de professions et d’horizons différents. Nous sommes partis avec Point Afrique du 26 avril au 4 mai 2003 pour un circuit pédestre et avec Méharées si petit coup de fatigue.

Pour avoir eu la chance de voyager plusieurs fois dans tous les pays du Maghreb en 4X4 (HJ 60), je ne peux que conseiller aux baroudeurs motorisés de laisser un jour leur bébé au parking et d’enfiler leurs grolles de montagne.

Comment décrire tout ce que l’on ressent lorsque l’on découvre progressivement un paysage dans un silence absolu troublé uniquement par le vent ?

Comment vous faire ressentir l’émerveillement qui vous frappe toute la journée, lorsqu’à chaque détour d’une montagne, carrefour d’un oued, sortie d’un canyon (...) une nouvelle oeuvre d’art naturelle géologique s’offre à vous ?

J’ai par ce voyage compris que, contrairement à ce que certains penseraient (comme moi précédemment), point n’est nécessaire de parcourir 300 km dans la journée pour découvrir le maximum de décors et se prendre une overdose de plaisir.

Il est impressionnant de constater à quel point la région du Tassilli N’Ajjer est variée. En 8 jours de marche nous avons découvert une multitude de paysages que seul le marcheur dans l’ensemble peut découvrir compte tenu de l’inaccessibilité des lieux. Et quel plaisir lorsqu’une fresque rupestre se révèle à vous après 3 heures de marches d’approches. On a alors cette impression égoïste qu’elle vous appartient en partie et que vous en êtes le découvreur, on se sent un peut devenir un Henri Lhotte en herbe.

Voyager à pieds, c’est un peu comme si vous étiez un cheval à qui on a enlevé ses oeillères. Ainsi, je me suis surpris à observer les paysages comme je n’avais jamais pris le temps de le faire. Les décors de la journée sont ainsi encore incrustés sur votre rétine lorsque le soir au bivouac (tant mérité après la marche de la journée) vous chassez les étoiles filantes en buvant votre thé...

Un autre aspect qui généralement ne peut être rencontré par les 4X4istes (sauf rallye organisé) est l’enrichissement personnel en terme de culture. En effet, en partant dans cette aventure, j’ai rencontré des personnes riches de science, d’humanité, de générosité, d’humour et de tendresse. Ce constat est valable aussi bien pour mes camarades de marche que pour les touaregs qui nous accompagnaient et qui nous ont autorisé à découvrir leur histoire et leur mode de vie. Même si au cours de mes voyages en 4X4, j’ai pu rencontrer (et c’est le but) des gens merveilleux, il est étrange de constater à quel point un voyage de 8 jours avec des inconnus permet de s’ouvrir. Jamais je ne serais parti en 4X4 avec des inconnus sans encadrement, or, là, grâce à Point Afrique (mais il y a d’autres tours opérators), j’ai découvert et rencontré 11 français et 6 touaregs dans une immersion complète dans le désert. Vivre 24H/24H avec des inconnus sans le confort occidental est une expérience unique qui vous révèle à vous-même et vous incite à relativiser certains comportements qui vous auraient révulsé en France. Ici, tout est plus franc et sincère. Vous me direz que je suis un idéaliste, c’est possible, mais si je me trompe laissez-moi à mon rêve, mais surtout, prouvez moi le contraire en tentant l’expérience.

Je profite de l’occasion pour remercier : Hamida notre cuistot, Baba notre guide, Adou un chamelier et les autres, Manu d’Aubenas, Christian le Kiné, Marie Christine l’infirmière, Jean Marie le savant, Guy au pied lourd, Hafida aux yeux de Gazelle, Rachida et ses youyous, Joël Mac Gyver, Mireille l’illuminée, Brigitte la noble chamelière & Line notre anthropologue (véridique).

Voilà, j’ai délibérément décris ce voyage dans les grandes lignes sans donner de détails, car le plus important ce ne sont pas les anecdotes, mais le plaisir et l’amour de ce pays : l’Algérie et le Tassili N’Ajjer, de son peuple et l’enrichissement que vos compagnons de voyage vous offrent. Pour ceux qui veulent en savoir plus, allez sur le site de Point Afrique. Je vous donne ci-dessous quand même quelques conseils.

Conseil au voyageurs en Méharées : 
- Toujours bien repéré les bons bidon d’eau potable pour éviter de boire l’eau d’une guelta, accrocher un chiffon. 
- prévoir 1 journées de congés en plus au cas ou avion pas là (24H de retards pour nous) 
- ne pas ramener de sable c’est interdit !!!! il est interdit de piller le sol d’un pays, même le sable que l’on trouve pourtant en quantité non négligeables 
- attention à la tisane que ramassent les touaregs, elle a eu des propriétés hallucinogènes sur une des personnes de notre groupe associé au pastis (oui on sait c’est pas bien) et au stilnox 
- emmener un dico arabe au cas où votre guide parle mal français 
- boire beaucoup car 6H de marche par jour, ça use. Mettez une chaussette mouillée sur votre gourde, ça la garde un peu plus longtemps au frais. 
- 1 pellicule photo par jour (24h) vaut mieux en avoir de trop 
- Lisez quelques livres sur la région : notamment "le rendez-vous d’Essendilène" de Frison-Roche où l’on découvre Essendilen qui est encore 10X plus beau en vrai / et des livres de Henri Lotte sur les peintures rupestres et les cultures touaregs notamment "à la découverte des fresques du Tassili" mais difficile à trouver.

 

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